Alerte à la sécurité : le gouvernement chinois interdit Windows 8 sur ses ordinateurs.

 

Après le battage médiatique d’hier, 5 agents du PLA (People’s Liberation Army) accusés de cyber espionnage par les États-Unis, on pouvait s’attendre à une riposte tout aussi spectaculaire de la part de la Chine. Aujourd’hui les gros titres indiquent que la Chine interdit le système d’exploitation Windows 8 pour tous les ordinateurs de son gouvernement. Cela vous semble suffisamment spectaculaire ? Et bien patientez juste un instant.

Le document source initial qui a fait aujourd’hui les gros titres est paru le 16 mai, bien 3 jours avant que les États-Unis publient leur accusation historique. L’interdiction stipulée dans le document s’appliquait uniquement aux ordinateurs du gouvernement chinois, au titre d’une mesure pour un nouveau « rendement énergétique ». Avant la mise en accusation américaine, ce document n’était même pas sensationnel ; mais, aujourd’hui, il a été souvent cité comme une preuve de la riposte chinoise.

Si cette interdiction portant spécifiquement sur Windows 8 n’avait fait l’objet d’aucun autre commentaire… tout ceci n’aurait peut-être jamais franchi le seuil d’une salle de rédaction. Mais il y a en a eu d’autres – émanant rien de moins que de l’agence de presse sponsorisée par le gouvernement chinois, Xinhua News. Ce commentaire a été publié le 20 mai, et indique, sans équivoque, et en référence au document source initial, que « tous les ordinateurs de bureau, portables et tablettes achetés par les services du gouvernement central devaient être installés avec un système d’exploitation autre que Windows 8. »

Le même rapport indique que l’interdiction d’utiliser Windows 8 est adoptée pour des raisons de sécurité nationale future, en invoquant la récente suppression de l’assistance de Microsoft pour Windows XP – un système d’exploitation ayant 70% de part de marché en Chine, selon ce même rapport – comme motivation première de cette interdiction.

Il semblerait alors que ce ne soit pas une réponse directe à la mise en accusation de lundi…mais parlons un peu de timing.

La réponse des autorités chinoises à ces accusations

En ce qui concerne la réponse officielle de la Chine, accusée de cyber espionnage, pas besoin de regarder plus loin, une fois de plus, que l’agence de presse Xinhua. D’une façon qui n’étonnera personne sa déclaration réfute toutes les charges de ces « accusations infondées. » Elle va aussi un peu plus loin, et accuse les États-Unis d’un certain nombre de cyber crimes commis contre la Chine.

Xinhua écrit que du 19 mars au 18 mai, le « National Computer Network Emergency Response Technical Team Coordination Center » chinois a détecté :

Cependant, ce rapport ne précise pas si ces attaques émanaient du gouvernement américain ou de citoyens américains.

Plus qu’une guerre de mots

Bien que de nombreuses personnes de l’industrie de la sécurité informatique, ainsi que de simples utilisateurs d’internet, aient déjà considéré la vive discussion entre les États-Unis et la Chine de cette semaine comme une énième manifestation des tensions qui existent entre ces superpuissances, une guerre des mots, l’interdiction chinoise de Windows 8 aura effectivement des implications mondiales en matière de sécurité informatique. Si les affirmations de Xinhua s’avèrent fondées, 70% des ordinateurs chinois fonctionnant sous Windows XP, cela signifie que beaucoup d’ordinateurs chinois, possédés ou non par le gouvernement chinois ne sont pas sûrs. De plus, si le gouvernement chinois ne choisit pas Windows 8, il migrera donc vers Windows 7 ou vers un système d’exploitation qui n’est pas Microsoft – non commercialisé par les États-Unis. Pour le moment, cette interdiction ne concerne pas les citoyens chinois, mais on peut penser que cela pourrait exercer une certaine influence sur le choix du citoyen lambda lors de sa décision de mettre à niveau son PC.

Ce qui signifiera aussi pour les programmes malveillants qu’un pourcentage significatif de la population mondiale pourrait basculer vers le système d’exploitation de son choix (population chinoise = 1,4 milliards, soit 19% de la population mondiale), autre que Windows. Pour les auteurs de programmes malveillants, cela pourrait avoir un effet dissuasif sur leurs pratiques bien établies qui consistent à imaginer des variantes qui s’exécutent uniquement sur des ordinateurs sous Windows. Et cette tendance pourrait s’accentuer d’autant plus que la population mondiale possède habituellement un Smartphone qui lui sert d’ordinateur personnel.

…Ainsi est-ce que le refus des chinois d’utiliser Windows 8 et les déclarations de cyber espionnage des américains signifient que nous sommes davantage en sécurité lorsque nous visionnons nos vidéos favorites sur Youtube ou Vines depuis notre ordinateur personnel configuré sous Windows ?

Espérons-le, car il serait bien agréable de profiter de quelque chose de cette triste affaire provenant de nos décideurs.

 

Pour un futur sans programmes malveillants…et au-delà !

Steve

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